Imprimer

Multiplication

 

 

  -  MULTIPLICATION  -

 

   La culture des hellébores peut rapidement devenir une addiction et la plupart des livres sur le sujet ne le cachent pas. Le virus de la collection s’installe rapidement encouragé par le fait que la floraison soit si précoce. Il n’est pas très difficile de se lancer dans la multiplication des hellébores et de se retrouver ensuite avec plusieurs centaines de plantes dans son jardin.

 

   Il existe deux méthodes de multiplication possibles, d’abord la division qui garantit que les plantes issues de division seront exactement semblables, et ensuite le semis qui introduit de la variabilité. Pendant longtemps la division, qui était le seul moyen de multiplier les cultivars nommés, a freiné le développement des hellébores, car les plantes les plus demandées ne pouvaient fournir que quelques divisions par an et il fallait patienter des années avant d’avoir une chance de les obtenir. La micropropagation (ou culture in-vitro) ne donnait pas non plus de bons résultats, mais il semble que ce problème soit en passe d’être résolu car on commence à trouver dans les jardineries des plantes à l’évidence clonales. La culture in-vitro qui a permis de démocratiser les orchidées permettra peut être un jour de diffuser les plus beaux cultivars d’hellébores. Mais cette méthode n’est pas pour l’instant à la portée des amateurs, et les graines d’hellébores sont plus faciles à faire germer que celles des orchidées.

 Donc le semis reste pour l’instant la principale source de plantes et au lieu de nommer une plante ? que l’on ne pourra pas multiplier en nombre suffisant d’exemplaires, on nomme plutôt les lignées qui sont relativement stabilisées. Les catalogues de graines proposent des lignées de graines comme les   'Lady' séries Helleborus x hybridus 'Red Lady', Helleborus x hybridus 'White Lady', qui sont des lignées simples d’origine allemandes donc les coloris sont pratiquement fixés (mais on peut quand même avoir des surprises). On trouve aussi des lignées doubles pratiquement pures comme H. x hybridus 'Betty Ranicar' dont les graines donnent à 95 % des doubles à fleurs blanches. Cette dernière obtention est originaire de Tasmanie. L’inconvénient et l’avantage de ces lignées pures c’est qu’un petit nombre de caractères a été progressivement sélectionné et que ce n’est pas dans ce type de plante qu’il faut rechercher de la variation. 

Le semis
Les hellébores ont des exigences tout à fait particulières en matière de germination. Les graines doivent être semées fraîches, dès que les fruits s’ouvrent, en mai juin. On doit ensuite laisser les terrines de semis à l’extérieur tout l’été en les arrosant un petit peu pour qu’elles ne se dessèchent pas trop et ensuite les laisser passer l’hiver dehors pour que le gel lève leur dormance. Un hiver suffit en général, mais deux ans peuvent s’avérer nécessaires. Il est utile de recouvrir la surface du pot de sable grossier. 


L’hybridation proprement dite
Pour hybrider c’est assez simple : une pince, une paire de ciseaux fins et un système de marquage de la fleur fécondée par exemple avec une mini étiquette à fil rouge sur laquelle est marqué au crayon le numéro de l’hybridation (un brin de laine coloré peut aussi suffire). On choisit sur la plante une fleur en train de s’ouvrir, sur laquelle les étamines sont coupées, le stigmate est réceptif avant que les étamines ne libèrent leur pollen. On récupère une étamine provenant d’une fleur plus âgée de la même plante pour réaliser une autopollinisation ou une étamine appartenant à une plante différente pour une pollinisation croisée et avec la pince on approche l’étamine pour badigeonner les stigmates à l’extrémité des carpelles. En général je garde la plante dans la maison un jour ou deux pour laisser la fécondation se faire au chaud.

   En cas de réussite de cette hybridation les carpelles grossissent et il ne reste qu’a attendre 2-3 mois que les graines soient mûres. Les fruits s’ouvrent sans prévenir en mai et les graines sont récupérées et semées. Il arrive parfois que l’on découvre trop tard uniquement des fruits vides.

    A partir des graines semées, les jeunes plantules développent leurs premières vraies feuilles, on peut les repiquer individuellement, les cultiver dans des pots de plus en plus grands, ou les installer en lignes en pleine terre jusqu'à ce qu’elles fleurissent trois à cinq ans plus tard. Mais on ne peut observer les résultats d’une hybridation que plusieurs années après le semis. Toute expérimentation ne livrant ses résultats que tous les 4 ans en moyenne. Il est utile d’expérimenter dans plusieurs directions, deux ou trois programmes d’hybridation indépendants peuvent ainsi se succéder. 
Il ne faut pas croire cependant que toutes les tentatives d’hybridations soient des réussites.

 

La Saison des Hellébores, textes et photos : Laure Civeyrel
Extrait de la revue n° 77 "La Salicaire"